Par Suzanne Day

L’approche utilisant le neurodéveloppement pour le rattrapage de l’apprentissage et l’amélioration de l’attention fut pour moi un des plus importants aspects de ma pratique dans les dix dernières années. Cette thérapie tente de traiter les difficultés d’apprentissage et d’attention à un niveau embryonnaire de développement, avant de cibler les centres plus élevés du cerveau. Elle considère quelles fonctions du système nerveux central (SNC) devraient être en place de la naissance à sept ans afin d’être un étudiant efficace. Elle regarde à la réception de l’information provenant des différents domaines : le visuel, l’auditif, le tactile, le manuel, le langage et la mobilité. Je vais partager à ce point-ci certains réflexes qui sont présents à partir de la conception et la façon dont ils devraient être inhibés pour laisser la place à des fonctions neurologiques plus matures et de là, rendre l’apprentissage plus efficace. Lorsque ces réflexes ne sont pas inhibés, ils laissent place à des insuffisances au niveau du contrôle moteur, de la coordination entre les mains et les yeux, de la perception sensorielle, du comportement émotionnel, de l’attention et/ou des capacités cognitives plus élevées.

Réflexes touchant le neurodéveloppement ou réflexes archaïques

Un réflexe est une réaction stéréotype du SNC à un stimulus spécifique sur un individu. Il est généralement admis que l’organisation du système nerveux se déplace des plus bas niveaux dans la moelle épinière et la tige cérébrale, au travers du mésencéphale, jusqu’au niveau le plus élevé dans le cortex. L’ organisation neurologique du cerveau se développe au travers de mouvements qui sont appelés les réflexes archaïques.

Les réflexes archaïques qui constituent des conduites motrices automatiques à partir de la conception, sont organisés en hiérarchie. Ces réflexes permettent au bébé de faire des mouvements avec son corps, lesquels, lorsqu’ils sont faits dans les bonnes proportions et dans les bonnes séquences, devraient inhibés les réflexes primitifs pour faire place aux fonctions plus élevées. Ces fonctions plus élevées du système nerveux central ont rapport à l’apprentissage (mémoire, habileté à classer par catégories, logique, planification) et à la durée d’attention (éveil et inhibition). Lorsque ces réflexes ne sont pas inhibés, nous pouvons observer les symptômes de leur présence chez les enfants qui éprouvent des difficultés dans différentes formes d’apprentissage. Regardons les réflexes actifs les plus communs trouvés chez les enfants avec des difficultés d’apprentissage et d’attention.

Les réflexes

Le réflexe de Moro

Le réflexe de Moro, un des réflexes les plus fondamentaux et importants qui influence l’apprentissage, apparaît à neuf semaines dans l’utérus et est totalement présent à la naissance. Il devrait être inhibé quatre mois après la naissance. Le réflexe de Moro se manifeste dans un mouvement soudain des bras étendus avec l’ouverture des doigts et les jambes pliées, joint à une immobilisation momentanée avant le retour des bras et des jambes à une position fermée. Ce réflexe permet au système nerveux central de réagir automatiquement à une douleur soudaine, au changement dans la température, le bruit ou à un changement dans le champ de vision. Des enfants ou même des adultes qui conservent ce réflexe seront hypersensibles aux changements soudains dans leur environnement et seront constamment dans un état d’alerte. L’individu peut se retirer ou devenir agressif en essayant de contrôler l’environnement avec hyperactivité.

Le réflexe tonique labyrinthique

Le réflexe tonique labyrinthique (RTL) qui apparaît dans l’utérus est présent lors de la naissance et est aussi inhibé environ quatre mois après la naissance. Lorsque la tête s’éloigne de la colonne vertébrale en bougeant vers l’arrière, les bras et les jambes s’étendent et vont se recroqueviller lorsque la tête bouge vers l’avant. Ce réflexe a rapport au contrôle de la tête qui aura un grand impact sur le sens de l’équilibre, de la proprioception (perception de différentes parties du corps dans l’espace, au repos ou en mouvement), de la perception visuelle et de la tonicité musculaire. Ce reflexe a besoin de disparaître pour que l’enfant puisse se mettre à quatre pattes. L’importance de l’équilibre dans l’apprentissage est mieux compris par l’influence d’un environnement sans gravité sur les astronautes qui ont commencé à écrire de la droite à la gauche.

Le réflexe tonique asymétrique du cou

Le réflexe tonique asymétrique du cou (RTAC) apparaît à dix-huit semaines dans l’utérus. Il est présent à la naissance et devrait être inhibé à six mois. Lorsque la tête du bébé bouge d’un côté, le bras et la jambe du même côté s’étendent alors que les membres de l’autre côté plient. Si ce réflexe n’est pas inhibé, il amène des difficultés à croiser la ligne médiane verticale de son corps. L’écriture en sera altérée : lorsque l’enfant bougera sa tête pour lire et écrire, son bras et ses doigts auront tendance à s’étirer. Il devra constamment réajuster ce mouvement inné utilisant de l’énergie qui ne produira pas les résultats désirés.

Le réflexe tonique symétrique du cou

Le réflexe tonique symétrique du cou (RTSC) apparaît entre six et neuf mois de vie et devrait être inhibé au onzième mois. Il se manifeste lorsque l’enfant se traîne sur le ventre, ce qui est souvent appelé « rampement militaire » et lorsqu’il rampe, c’est-à-dire les mouvements du bébé sur ses genoux. Il permet au bébé de défier la gravité alors qu’il synchronise différents systèmes pour les amener à travailler ensemble : le système vestibulaire (équilibre), le système visuel (observation verticale des yeux) et le système proprioception (le sensation du torse et des membres). Il peut être vu comme une phase du réflexe labyrinthe à cause de l’implication cruciale du système vestibulaire. Il a un grand impact au niveau de la coordination des yeux avec les mains (ne pas perdre sa place lors de la lecture) et de l’utilisation du langage écrit (écrire sur la ligne et dans des colonnes droites). Si ce réflexe n’est pas inhibé l’enfant (ou l’adolescent et même l’adulte) aura de la difficulté avec la lecture.

Cet article résume certains des réflexes qui, lorsqu’ils sont actifs chez un enfant, font partie des causes premières de certains diagnostiques neurologiques tels que difficulté d’apprentissage, dyslexie, trouble d’attention et autres. Il est possible de donner une « deuxième chance » au cerveau en fournissant les bons mouvements dans la bonne séquence : c’est la thérapie du neurodéveloppement. La recherche montre que c’est la répétition des mouvements archaïques qui jouent un rôle dans le processus d’inhibition des réflexes. Cette inhibition est primordiale pour la maturité du système nerveux central.

Il me ferait plaisir de vous aider, vous et vos enfants, en évaluant non seulement les manifestations de surface de leur neurodéveloppement, mais particulièrement en vous équipant en tant que parents, avec des activités de neurodéveloppement. Ces activités ont pour but d’inhiber ces réflexes et de promouvoir des fonctions d’apprentissage plus efficaces.

Copyright 2005 Suzanne Day, Neuropsychophysiologiste, Psychopédagogue et Neurodéveloppementaliste

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Références

Reflexes, Learning and Behavior, Sally Goddard

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